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Il sole nelle pozzanghere


Titre en français : Le soleil dans les flaques d'eau
Auteur :
Bussola, Matteo

italien
Nombre de pages : 168
Couverture : souple
Thème : Histoires de vie,tendresse,Amitié
Editeur :
Einaudi

Date d'édition : 2026-06
Prix TTC :
23,95 €
Réf. :9788806271305

Disponible sur commande


Description

En réalité, M. Pi ne répare presque rien. Il dit que tout réparer est une façon élégante de faire taire le passé. Tout au plus, il nettoie, dépoussière, répare, remet en lumière. Comme on le fait avec les souvenirs quand la douleur s'estompe. Dans le quartier, on l'appelle « le vieux des objets cassés ». Mais on sait qu'en réalité, il répare les gens. M. Pi ouvre toujours à huit heures dix du matin, jamais à huit heures pile, car il dit que les choses importantes ont besoin de quelques minutes de délai pour se faire désirer. Sa boutique se trouve dans une petite rue adjacente, et l'enseigne indique simplement « Brocanteur ». Le métier de M. Pi consiste à récupérer des objets usagés, cassés ou défectueux, à les remettre en circulation : et oui, pour lui, c'est important. Car il sait que chacun de ces objets porte un fardeau émotionnel, les traces de familles, des pièces où il a vécu, des relations qu'il a tissées, en cadeau, en décor, ou simplement comme témoins : cuisines, horloges, mallettes, guitares, boucles d'oreilles… Il sait que ces objets renferment des rêves, des désirs assouvis ou non, des amours perdus, des proches disparus, un souvenir indélébile. Il sait qu'au fond, nous sommes tous « l'histoire abandonnée de quelqu'un d'autre ». Lorsqu'il touche ces objets, M. Pi semble ressentir l'histoire qu'ils renferment. Ainsi, dans ce roman aux allures de conte de fées, et pourtant si réel – si proche de nos vies, que nous reconnaissons à la lecture –, un univers foisonnant de voix et de personnages se déploie, s'entremêlant sans cesse devant le comptoir. La boutique devient alors un lieu de seconde chance. Non seulement pour les objets, mais aussi pour ceux qui, avec leurs regrets et leurs blessures, la fréquentent. Y compris M. Pi.

Il signor Pi, in effetti, non aggiusta quasi nulla. Dice che sistemare tutto è un modo elegante per far tacere il passato. Al massimo pulisce, spolvera, accomoda, riporta alla luce. Come si fa con i ricordi quando smettono di far male. La gente del quartiere lo chiama "il vecchio delle cose rotte". Ma sanno che lui, in realtà, ripara persone». Il signor Pi apre sempre alle otto e dieci del mattino, mai alle otto in punto, perché dice che le cose importanti hanno bisogno di qualche minuto di ritardo per farsi desiderare. Il suo negozio sta in una via piccola, laterale, e sull'insegna c'è scritto solo «Rigattiere». Il mestiere del signor Pi è recuperare oggetti usati, rotti o difettosi, per rimetterli in circolo: e sí, per lui è una cosa importante. Perché sa che ciascuno di questi oggetti porta con sé un carico affettivo, la traccia delle famiglie, delle stanze in cui ha vissuto, delle relazioni cui ha partecipato, come dono, scenario, o come semplice testimone: cucine, orologi, cartelle, chitarre, orecchini... Sa che questi oggetti contengono sogni, desideri realizzati oppure no, amori finiti, parenti perduti, una memoria che non si può cancellare. Sa che, in fondo, tutti siamo «la storia abbandonata di qualcun altro». Quando tocca quelle cose, al signor Pi sembra di sentire la storia che racchiudono. Ed ecco che in questo romanzo fiabesco eppure pieno di vita vera - pieno di tutte le nostre vite, che leggendo riconosciamo - si dipana un universo variegato di voci e personaggi, che davanti al suo bancone si incrociano, intrecciandosi. Il negozio diventa cosí un luogo per le seconde occasioni. Non soltanto per gli oggetti, ma anche per coloro che, con i propri rimpianti e ferite, lo frequentano. Compreso il signor Pi.